Trophée Anonym’Us Nouvelle 2

Oyez, oyez ! Gente dame, gentilshommes (bon les méchants aussi, d’accord, rho…) C’est l’heure de votre seconde nouvelle en lice pour le Trophée Anonym’Us.

Donc l’auteur est… ah ben non, on ne sait pas, et c’est le petit plus, le plus que j’adore de ce Trophée -enfin, y a plein de plus, mais ce serait bien trop long à énumérer-.

Cette seconde nouvelle se nomme « Chez nous !  » et je suis sûre que vous comprendrez vite pourquoi !

 

Trophée Anonym'us

 

 

Allez un petit extrait :

 

Chez Nous !

 

« Alain la Masse Massia est seul au premier rang, juste derrierre le chauffeur, il a besoin des deux sierges. Derrierre les vitres rectangulaires, il tire sur sa meildaille de bapte leme, le seul rappel de lar-bas, maintenant qu’Albert est mort. La Provence file, deiljar peleile. La Masse l’appelait Albert. Et il continue, me leme quand il pense, aujourd’hui encore. C’est dans ces moments qu’il lui manque. Son perre savait toujours quoi faire. C’eiltait deiljar le plus gaillard ar la rivierre. Avec ses peaux saleiles gros, ses bidons bleus aux couvercles noirs, des bouffeurs de bronches ar faire pa lelir les Gitanes, et ses chariots qui empestaient les menstrues, et les foulons qui s’eilbrouaient sous le hangar en pissant la trempe au chrome, et les rats oberses gaveils de chair pourrie, et les gars, et les vapeurs d’Oran. Et puis l’immense fabrique ar souvenirs pour ceux qui restent, Albert, entre quatre planches de sapin. Albert. Les vingt-deux gosses chougnent comme un seul homme dans son dos. Les cinq du dernier rang sont lieils, bras dessus bras dessous. Ils chialent depuis le coup de sifflet final. La douche y a rien changeil. C’est Hicham, le pilier droit, qui pleure le plus. S’il y avait une justice, la digue du cul sortirait de leurs poitrines en feu, ils chanteraient leur gloire. La Masse se serche le cra lene avec la serviette Creildit Mutuel que Myriam repasse le vendredi, en me leme temps qu’elle repasse les maillots noirs et blancs de la geilneilration 2003 de l’US, la meilleure geilneilration que la Masse a jamais entraînée leneile depuis qu’il a commenceil avec les gosses au club, c’eiltait vers la fin de l’eilteil 89. Myriam le fait le vendredi. Elle garde que Gaellle et Meyel ce jour-lar, la maman de Gaeltan bosse pas, ils l’ont mise aux quatre-vingts pour cent au centre de tri postal, sans rien qu’elle demande, elle a plus besoin d’Ass-mat. Le rituel, c’est poisson le midi, maillots aprers. Myriam met moitieil moins de temps depuis Noell, depuis qu’Alain lui a offert la centrale vapeur, la grosse Auto-control de chez Calor, celle avec le reilservoir rouge. Jamais elle met plus de deux heures, lavage compris, me leme l’hiver quand les terrains sont boueux. Elle se fait ses petits records, Myriam, et quand c’est vent du Nord, les maillots sentent le colin. La Masse s’eilponge sans trop se frotter les yeux. Le reflet du micro sur le pare-brise attrape son regard, traverse ses larmes chaudes qui lui font gonfler les paupierres au lieu de lui couler sur les joues. C’eiltait eilcrit. Il en dort plus depuis le dimanche soir. Nînée lemes est peut-e letre plus prers que de Toulon, mais le stade Kaufmann, sur le symbole, c’est la Meilditerraneile. Et on se fait toujours baiser par le comiteil, ou par la feildeil, ou par les deux, et le match ar 15 h, avec la fermeture des bureaux de vote ar 18, c’est juste pour emmerder les gens comme lui. La Masse a quand me leme glisseil son bulletin dans l’urne ar l’ouverture des bureaux. Il a rempli son devoir, un peu comme s’il montait au front pour sauver l’honneur de la patrie, avec son sang d’Algeilrie. Parce que Flanby ou Marine, c’est plus de la politique, c’est de l’histoire, et que la France, c’est la France. C’eiltait la quatre-vingt-troisierme. Sur le champ de bataille, les gosses mernent 11 ar 6 contre le Toulon de Mourad Boudjellal. L’arbitre siffle la quatrierme peilnaliteil d’affileile pour les sangs chauds de la rade. Ils sont alleils le deilgoter dans les Midi-Pyreilneiles, cet enculeil d’arbitre. La tribune est garnie de parents, d’amis, de dirigeants, de frangins, de frangines des autres geilneilrations. Sur la braille, Toulon, c’est plus ce que c’eiltait. La tribune beugle. On est chez nous ! On est chez nous ! On est chez nous ! Le ballon arrive dans les mains du grand black, l’ailier du RCT, il est face au Titou, le fils ar Bernard Mazetier, un gosse de poche qui n’a peur de rien, me leme pas de son prof de meilcanique au Grand Tech. En un contre un. Les hou-hou-hou-hou deilgringolent de la tribune. Quelques cris de singes sourdent de la hueile. C’est pas tous les jours que l’US dispute une demi-finale de championnat de France ! Le dernier sacre en cadets remonte ar 89, justement. Et le black crocherte Titou, et il galope vingt-cinq mertres, et il aplatit entre les poteaux. L’arbitre attend pas la transformation puis il retrouve quand me leme ses esprits. C’est la foire de partout pendant que le ballon passe facile entre les perches. »

 

Et pour la suite, c’est ici :

http://http://trophee-anonymus.blogspot.fr/2016/09/nouvelle-2-chez-nous.html?spref=fb

Belles lectures à toutes et tous !

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.