La Fuite de Paul-Bernard Moracchini

J’ai rencontré Paul-Bernard Moracchini durant la 12e édition de la Fête des Livres de la Ferté-Vidame.

Un salon que j’apprécie à la fois pour la variété de ses auteurs, mais également parce que je suis une ancienne Fertoise, de cœur !

 

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Un auteur tout neuf

Avec La fuite, cet auteur signe son premier ouvrage. Un roman à la fois réaliste et fantastique dont le début et la conclusion ont été rédigés quelques années plus tôt. Comme quoi, il faut toujours conserver vos notes, amis auteurs :).

Paul-Bernard Moracchini oscille entre la Corse et la Côte d’Azur, à Nice, très précisément. Romancier et également musicien, ce récit ressemble à la longue plainte de l’animal sauvage que nous ne serons sans doute plus jamais.

 

Un ouvrage particulier

La Fuite : un roman qui accroche, ou qui décroche. Son réalisme et la provocation du narrateur emporteront ou pas le lecteur dans une fuite non pas vers la liberté, mais vers son retour à la vie sauvage : belle, froide et toute puissante.

Son héros, ou devrais-je préférer le terme d’antihéros, exècre la nature humaine. Il décide donc de se soustraire à la société et de s’embarquer pour un long voyage à l’intérieur de lui-même. Et ce long voyage ne peut bien évidemment se réaliser que loin de ses pairs. Il fuit, fusil à l’épaule et strict minimum au dos, dans la forêt pour chasser, ne faire plus qu’un avec celle qui nous a mise au monde : mère Nature.

 

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Un style poétique et froid

Si vous préférez les écritures « féminines » et en rondeur, fuyez cet ouvrage. Si vous ne détestez pas le style « masculin », attendez-vous quand même à une super apnée dans un monde inconnu.

Sa narration à la fois poétique et froide m’a séduite. Ce récit, où se mêle fantastique et réalisme m’a rappelé le Horla de Maupassant. Et tout comme pour Maupassant, j’y vois plutôt le long déclin de la psyché humaine face ici à une nature forte, belle, mais empoisonnée de son indifférence au sort des pauvres bipèdes que nous sommes. Un juste retour des choses, peut-être, au final ?

« Les crêtes dominaient, hautes et provocantes, verrouillant à merveille l’enceinte des collines. Le ciel s’obstinait à sombrer calmement derrière d’étranges silhouettes. Puis arrivait cet instant bref où l’azur vire au pourpre et vient épouser les cimes assombries. Soudain tout se figeait et, encerclé par une foule silencieuse, je n’étais plus seul. Les arbres ! Immobiles et noirs. Leur ligne de front se découpait tristement sur un dernier fond bleu. Droits et impassibles, ils semblaient m’épier, aux aguets comme prêts à lancer l’assaut. “Ils attendent la nuit ! » Paul-Bernard Moracchini — La Fuite.

La nature comme catharsis ?

Loin de cette civilisation qu’il exècre, notre héros sera confronté à sa fuite intérieure, qu’il revendique à corps et à cris. Dans cette nature toute puissante, on ne sait plus de l’homme ou de l’animal, qui est le chasseur, qui est la proie. Paul-Bernard Moracchini signe ici un roman abrupt et âpre comme la nature et son personnage. Il scelle avec sa prose poétique et descriptive le destin de son personnage.

 

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