Je suis triste…

Je suis triste parce que ce soir, c’est la dernière nouvelle du Trophée Anonym’Us, enfin la dernière pour cette année, hein. J’espère que vous avez aimé voyager au fil des mots et des rêveries « polardesques » de ces vingt-six auteurs qui ont acceptés de jouer le jeu. Alors la voici, la voilà, la 26ème nouvelle qui clôture le Trophée Anonym’Us 2017.

 

Trophée Anonym'us

 

En haut du poulailler

Avant ce jour-là, je n’avais jamais vu les choses sous cet angle.

J’allais au boulot sans me poser de questions, parce que les questions ne m’aidaient pas. Elles restaient sans réponse.

J’en arrivais toujours à la même conclusion : t’as qu’à fermer ta gueule. Qu’est-ce que tu peux y faire ? Les choses sont ainsi faites : t’es un ouvrier, tu trimes, tu gagnes des clopinettes, c’est normal. T’avais qu’à bien naître ou bosser à l’école. Les patrons, les ingénieurs, les architectes… Ils gagnent quatre, cinq, six fois plus que toi, c’est dans l’ordre des choses. Les révolutions n’y ont rien changé. Les révolutions n’apportent pas plus de justice, elles tuent les petits. Toujours. On remplace les gros par d’autres gros, mais les petits restent en bas. Alors, baisse la tête et continue à travailler comme une brute sans te mettre des idées dans la tête.

Et puis, un jour… C’est con, parfois, la vie. Ça tient à rien. J’étais là-haut, j’écoutais une émission à la radio et ça parlait de poules. Oui, de poules ! Un journaliste ou un scientifique expliquait que pour repérer le coq dans la basse-cour, il suffit de chercher celui qui est le plus haut perché… Sur le toit du poulailler, sur le dernier barreau d’une échelle, au somment d’un tas de paille… Le mâle dominant est systématiquement au-dessus des autres. C’est pareil pour les singes dans les arbres, pour les oiseaux… C’est pareil pour l’Homme ! D’ailleurs, un des mecs qui parlaient à la radio, un professeur ou un truc comme ça, a expliqué que toutes les civilisations ont cherché à bâtir vers le haut. Il a donné l’exemple des temples mayas, des pyramides égyptiennes. Et puis il a parlé du Machu quelque chose chez les Incas, et des cathédrales du Moyen-âge, de la tour Eiffel, des gratte-ciels à New York… Aujourd’hui, ça continue aux Émirats Arabes avec ces tours qui atteignent le kilomètre. L’Homme a toujours fait ça. Pour voir plus loin, pour éviter les prédateurs, pour se mettre à l’abri des inondations et des feux de forêt, mais aussi et surtout pour affirmer sa domination sur les autres. C’est ce que ce professeur disait : le seigneur a toujours été au sommet des édifices construits par l’Homme, on n’y a jamais mis les gueux…

Pour la suite, comme toujours, je ne dérogerais pas à mon habitude, rendez-vous sur le blog du Trophée Anonym’Us où vous pourrez retrouver et relire toutes les nouvelles ainsi que les interviews décalées des auteurs :

http://trophee-anonymus.blogspot.fr/2017/03/nouvelle-anonyme-n26-en-haut-du.html

Merci à tous d’avoir lu, suivi et partagé je l’espère, l’excellent travail de l’équipe du Trophée Anonym’Us et les auteurs en lice cette année.

A bientôt et belles lectures !

 

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