Eh oui, j’ai encore raté vendredi !

Je vous assure que j’ai fait mon maximum mais j’avais envie de vous faire attendre encore un peu… Oui je suis quelque peu sadique parfois, je l’avoue !

Mais la voici, la voilà, la onzième nouvelle de l’excellent Trophée Anonym’Us et c’est promis vendredi prochain, je n’ai pas d’obligation « soiresque » donc vous aurez votre extrait de nouvelle à l’heure … enfin le jour j !

 

Trophée Anonym'us

 

Être lu peut nuire gravement.

 

Laurina a une passion dévorante dans la vie : la lecture. Elle a besoin des livres comme d’autres ont besoin de tabac ou d’alcool. Chaque page qu’elle dévore vaut une bouffée de cigarette ou une gorgée de grand cru. Sauf que ce n’est pas dangereux de lire. En effet, a-t-on déjà entendu parler d’un lecteur mort d’un cancer du roman ou d’une « rupture de livrisme » foudroyante ?

Laurina envie terriblement le talent des auteurs qu’elle lit. À tel point que leurs romans sont devenus ce genre d’obsession qui s’insinue tel un poison dans ses veines et fait d’irrémédiables ravages. Être lu n’est pas dangereux normalement, mais quand c’est par Laurina, c’est une autre histoire.

Plus rien n’est normal. On entre dans une autre dimension…

Pour elle qui, dans sa jeunesse, fréquentait assidûment les établissements de jeux, les écrivains sont comme des croupiers de casino. La différence, c’est que ce ne sont pas des cartes qu’ils distribuent avec dextérité mais des mots, des phrases, des idées brillantes. À chaque lecture, elle retrouve cette fièvre de joueuse invétérée qui, fébrilement, récupérait les cartes, jouait des heures et finissait par tout perdre. Toutes ces histoires, dont elle se délecte, la rage au ventre, lui rappellent invariablement combien la sienne est sans intérêt. Laurina a une quarantaine d’années, un mari, trois enfants et mène une existence normale. Désespérément banale à ses yeux, tout comme son physique d’ailleurs, très commun. Pour son entourage, sa famille, ses amis, c’est une bonne épouse, une mère attentionnée, une amie disponible. Elle admire les chercheurs dont les découvertes marquent à jamais l’histoire ou ces écrivains qui immortalisent leurs inspirations dans des livres mais elle sait que sans un coup de pouce, son destin n’aura rien d’exceptionnel. Elle sera vouée à végéter, comme tous ceux qui mènent des vies silencieuses, discrètes, indignes d’intérêt. Les seules traces qu’elle laissera de son existence couleront dans les veines de sa descendance. En somme, cette femme n’est pas le genre de personne qui inspire l’écriture d’un long roman. Le titre suffirait largement à évoquer sa vie. C’est dans sa tête qu’il faudrait fouiller pour s’apercevoir qu’il y a une existence parallèle grouillante. Si quelqu’un avait pu lire dans ses pensées, deux des auteurs français les plus prometteurs du moment écumeraient encore gaiement les salons du livre à l’heure qu’il est. Au lieu de cela, ils sont portés disparus depuis plusieurs mois et les enquêteurs chargés de les retrouver tournent en rond, sans aucun indice qui puisse leur indiquer s’ils sont morts ou vifs. Même le détective privé mandaté conjointement par les deux maisons d’édition fait systématiquement chou blanc.

Tout a commencé il y a environ deux ans. Après avoir lu leurs livres, en particulier « Assassinat médiatisé » pour l’un et « À neuf doigts de la mort » pour l’autre, Laurina a commencé à échanger avec deux auteurs, Eliane Gymot et Klaus Korni. Elle a admiré la plume d’Éliane trempée sans concession dans les affres de la passion amoureuse et s’est délectée, chez Klaus, d’un style déjanté et satirique. Petit à petit, de nouvelles idées ont germé dans l’esprit torturé de Laurina. Le genre de projets qui n’annoncent rien qui vaille.

Envie de connaître la suite, avouez quoi, ne soyez pas timide ! Eh bien la suite c’est ici sur le blog du Trophée Anonym’Us. Belles lectures ! 

http://trophee-anonymus.blogspot.fr/2016/11/nouvelle-anonyme-n11-etre-lu-peut-nuire.html?spref=fb

 

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