Bientôt la fin d’un beau voyage…

Eh oui, ce soir c’est la vingt-quatrième nouvelle du Trophée Anonym’Us, il n’en restera plus que deux à découvrir, 26 auteurs en lice, 26 nouvelles et déjà je sens ma dose de lecture qui diminue… Mais cela n’est pas si grave, puisque le Trophée Anonym’Us, les auteurs et les jurés seront de nouveaux présents l’année prochaine !

Profitons donc de cette nouvelle de… Ah mais non, c’est vrai, on ne sait pas qui a écrit quoi !

Mais lisons-là tout de même ! Oups, j’allais faire une boulette et vous présenter l’avant dernière nouvelle…

 

Trophée Anonym'us

 

 Les boulets

 

Il avait fallu du temps à Edna pour réaliser qu’elle haïssait ses proches. Cela s’était fait par étapes, par révélations successives. De plus en plus rapprochées, car chaque bouffée de haine banalisait la précédente, et rendait plus facile la prise de conscience qui suivait.

Elle avait d’abord haï sa belle-fille, Séline Avec-un-S. C’était presque trop simple : une belle-mère est censée le faire. C’est folklorique. La haine de la belle-fille est un garant de l’amour du fils. Passé l’accueil cordial et les politesses d’usage, elle avait donc lâché la bride à son aversion. Cette fille était sotte, vulgaire, superficielle, obsédée par l’argent et la gloriole. Elle portait de la vraie fourrure, si mal taillée qu’elle en avait l’air fausse ; en guise de maquillage, un emplâtre qui aurait pu couvrir les comptes de campagne d’un élu des Hauts-de-Seine. Elle était tout ce qui consternait Edna, une caricature de l’avenir. Une version humaine des zones périurbaines interchangeables, qui gangrenaient le paysage de leurs néons clinquants. De surcroît, en mangeant, elle produisait régulièrement d’ignobles grincements, comme si elle aiguisait ses dents sur la fourchette ! Ce bruit vrillait le tympan d’Edna comme aucun autre. Au bord du malaise, il lui semblait qu’elle sentait saigner ses gencives, et s’incarner ses ongles !

Comment son fils Johan avait-il pu tomber si bas ? Durant quatre ans, elle voulut croire que cette grue ne le méritait pas. Elle espéra qu’il ouvrirait les yeux et la quitterait. Quand le couple dînait chez eux, un dimanche sur deux, elle meublait le temps passé seule dans la cuisine à imaginer des circonstances qui mettraient en lumière la bassesse morale de la donzelle. Lorsqu’il fut question de fiançailles, puis de mariage, lorsqu’elle vit les mâchoires du piège se refermer sur le fiston, elle se prit à souhaiter le décès (avec un d) de Séline Avec-un-S, puis à fantasmer son assassinat. Lorsque la victime putative mâchonnait sa fourchette, l’image prenait de la couleur.

Or, il advint qu’un de ces dimanches fut un dimanche électoral. Tous guettaient donc les résultats, à l’exception du cadet, Pierrick, monté se cloîtrer dans sa chambre, parce que la politique ça pue. Et à sa décharge, admettait Edna à contrecœur, la politique ne sentait pas bien bon : tout laissait prévoir que l’extrême-droite serait au second tour. Edna était à la cuisine, mettant la dernière touche au plateau de fromages, lorsque tomba le verdict. Elle fut alertée par des éclats de voix : son fils et sa belle-fille semblaient en désaccord sur l’analyse. Que Séline Avec-un-S, qui cultivait son look d’Aryenne à grand renfort de décolorations, puisse être une garce de la Marine, n’était pas surprenant ! Il y avait là un espoir que les deux époux se trouvent séparés par la vie, au moins en cas de guerre civile…

La suite sur le blog du Trophée Anonym’us, comme toujours. Bonnes lectures !

http://trophee-anonymus.blogspot.fr/2017/02/nouvelle-anonyme-n24-les-boulets.html 

 

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